écrire association lignes de vies

J'écris pour raconter mon histoire, pour montrer ce que l'on ressent de l'intérieur quand on perd son enfant. Mais j'écris aussi pour montrer que l'on peut se relever, même si le bébé arc-en-ciel n'est pas encore arrivé.

Présente toi et ta maternité

Je m’appelle Ioulia, qui se prononce Youlia. Mon prénom est d’origine russe, car je suis née en Biélorussie et je suis arrivée en France à l’age de 8 ans. Aujourd’hui, j’ai 35 ans et j’habite à Lyon.
Je suis la Maman de Simon, mon unique enfant, dont je suis tombée enceinte après un parcours PMA. Il s’est envolé à 9 mois de grossesse, à 5 jours de ma DPA le 18 aout  2016.  Simon est  décédé lors des première contractions liées au début du travail, à cause d’un choriocarcinome intraplacentaire.

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C’est un cancer  très rare que j’ai porté durant ma grossesse et que l’on m’a découvert après son envol.
Comme je dis toujours, Simon a vécu 9 mois dans mon ventre et il vivra toute ma vie dans mon coeur.
J’ai la chance d’avoir rencontré l’homme de ma vie, il y a plus de 8 ans. Ce que j’aime: la musique classique, Barbara, Jane Austen, les pays scandinaves, la marche, la montagne, Romain Gary et mon chien Heliot.

Présente ton projet/tes projets

Mon projet est d’écrire, c’est ma manière de me sentir bien aujourd’hui.Je le fais à travers mon blog et ma page facebook  » Si Mon Histoire était Contée ». Je partage donc mes texte du livre « A VIF », dans lequel je livre mes emotions et mon histoire. A coté, j’écris des poèmes qui me viennent en fonction de l’émotion du jour. J’écris pour raconter mon histoire, pour montrer ce que l’on ressent de l’intérieur quand on perd son enfant. Mais j’écris aussi pour montrer que l’on peut se relever, même si le bébé arc-en-ciel n’est pas encore arrivé.
J’aime écrire et je souhaite continuer à le faire. Par ailleurs, j’ai commencé à écrire un roman…

Comment as tu fait pour passer de l’idée à l’action?

Au départ, tout est parti de la Marche des Anges à Lyon en 2016. Après cette journée, j’avais ecrit un texte. Il se trouve que Kimcass, la photographe bénévole de l’association Souvenange, avait fait une photo de mon mari, moi et le ballon blanc de Simon. Je lui ai donc envoyé mon texte pour la remercier de cette belle et triste photo. Elle m’a proposé de le publier, des gens m’ont écrit et m’on remercié car ce texte les avait touchés. Je me suis dit que je devais en partager d’autres. J’ai donc crée mon blog Si Mon Histoire était Contée. Un jeu de mot que j’avais deja en tête pendant la grossesse… C’était le nom que je voulais donner à l’album photo pour l’arrivée de Simon. Aujourd’hui, Simon n’est plus là, mais son histoire est bel et bien vivante.

Qu’est ce qui a été le plus difficile?

Je crois que rien. Ecrire venait spontanement. Le partager aussi. Tout ce que j’écris, que ce soit textes, poèmes, mes choix photos… je fais tout avec mon coeur. Donc rien n’est vraiment difficile.
Concernant la création du blog et de la page, je trouve qu’aujourd’hui les differents outils que nous avons à disposition, sont plutot facile d’acces et il existe des tutoriels sur youtube pour aider.

Quelles sont les satisfactions que tu tires de ce projet?

Au dela du coté salvateur de l’écriture, j’aime ce lien qui se crée  et le partage que cela represente. Certains sont des parents endeuillés comme moi, parfois ce sont des membres de la famille, des proches. Parfois ce sont des gens qui découvrent mes textes au hasard, sans être touchés par le deuil perinatal. Cela me motive à continuer mon projet d’écriture, car d’une therapie c’est devenue une passion.

Ton actualité par rapport à ton projet?

Aujourd’hui, je suis en train de finaliser le dernier chapitre de A VIF. Ce chapitre est difficile à ecrire car je viens y puiser le sens du lendemain. Je souhaite une fois ce livre fini, retravailler les textes, les tournures de phrases, afin de l’envoyer à des maisons d’éditions. J’aurais peut-etre la chance de le faire publier. Si c’est le cas, je souhaiterai que les ventes réalisés soient reversées à des associations.
En parrallèle, je continue d’écrire mon roman. Donc j’ai beaucoup de travail d’écriture… et parfois le temps me manque car j’ai un travail très prenant à coté. Mais je sais que je vais partenir au bout de mes projets.

Qu’est ce qui a été le plus dur pour toi?

Je me demande ce qui ne l’a pas été… L’annonce, l’accouchement, le retour à la maison à deux, la solitude, le regard des autres, mon ventre, la reprise du travail, le suivi du cancer, ma vie sans lui… Tout est difficile. Tout est une montagne. Mais si je devais ne retenir qu’une seule chose, je dirais que c’est l’acceptation de la mort de Simon, ou plutot le non-retour des choses. Malgré l’annonce, j’avais continué à croire qu’il pourrait venir au monde en vie. Apres l’avoir vu mort, j’avais continué à croire qu’il allait se reveiller. Après l’enterement, je pensais qu’il allait revenir. Je n’étais ni folle, ni depressive. Je n’étais sous l’emprise d’aucun medicament. Mais mon amour pour lui, mon besoin de lui, me faisait esperer. Je l’avais attendu pendant 9 mois dans mon ventre et depuis 4 ans dans mon coeur. Alors comment accepter une vie sans lui? Et puis, un jour j’ai assimilé qu’il ne reviendrait pas. C’était plusieurs mois après son deces. Le choc a été brutal. Je crois que je savais, mais je ne voulais pas savoir… Accepter sa mort, sans accepter cette injustice, voilà ce qui a été difficile.

Qu’est ce qui t’a aidé à apprendre à vivre après/surmonter cette épreuve?

Ce qui m’a aidé c’est l’écriture. Mon premier texte, je l’ai ecrit pour Simon, pour son enteremment. Cela m’avait fait du bien et j’avais continué. Je pense que c’est une vraie thérapie qui se tranforme en plaisir maintenant. Ce qui m’a aidé aussi c’est le sport pour évacuer les émotions et se déffouler. C’est aussi le soutien de mes parents, de mes proches et amis. Chacun m’a aidé à sa manière en m’écoutant, en me parlant, en me faisant à manger tout simplement… chacun a contribué pour m’aider à me relever et je les en remercie.
Une autre chose importante qui m’a aidé, c’est de prendre la décision de nous préserver mon mari et moi. Nous avons donc coupé certains contacts, ou annulé notre presence à certainres manifestations entre familles ou amis. Ce n’était pas contre les gens, mais c’etait pour nous, pour nous aider à remonter.

Qu’as tu en plus aujourd’hui?

Ce que j’ai en plus aujourd’hui, c’est un recul sur les choses et un vrai sens de mes priorités. Je pense que d’avoir eu le suivi cancérologique l’a également amplifié, car tous les mois je passais des examens. Je comprends pleinement la valeur de la Vie et de l’obligation que nous avons de vivre l’instant présent.

Un conseil que tu aurais aimé avoir?

J’ai deja eu beaucoup de conseils: ca va aller, ca ira mieux, tu arriveras à surmonter tout cela… Je crois que dans de telles périodes de drame, entendre des conseils n’est pas toujours possible car nous sommes extremements fragiles et dans le noir le plus total. Cela fait un peu plus d’un an que Simon est décédé et le seul conseil qui me donne la force d’avancer, c’est quand on me dit de regarder derrière moi, pour apprecier le chemin parcouru. Et quand je le fais, je me rends compte que je viens de loin…et je suis fière de ce que j’ai pu réaliser. Prenons donc tous le temps de regarder parfois en arrière, pour se sentir fière de cette force que nous avons su deployer…

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