Relever un défi sportif

By 5 décembre 2017Se reconstruire
relever un défi sportif association lignes de vies

« Tu es en train de gravir une montagne dont tu ne connais pas le sommet, tu avances, tu t’accroches, parfois tu glisses, il y a des jours où tu n’as plus de forces, et c’est normal, c’est fatigant, mais tu réussis toujours à te raccrocher à quelque chose, tu es forte, tu y arriveras, ça prendra du temps mais tu y arriveras !"

Qui es tu en quelques mots?

Cosette, 35 ans, maman de 2 garçons de 7 et 10 ans et de Juliette, petite fille des étoiles, décédée suite à une MFIU en fin de grossesse le 18 juin 2016. 
Maman sportive et voyageuse. J’aime lire, je suis passionnée par le développement et la psychologie de l’enfant.

Présente nous ton projet 
:

Le projet d’effectuer l’ascension du Mont Blanc avec sur mon sac à dos des rubans bleus et roses portant les prénoms des enfants nés sans vie de l’association dont je fais partie (Hespéranges).

Pourquoi un tel projet?

Une amie m’a dit un jour où je pensais ne plus réussir à m’en sortir « tu es en train de gravir une montagne dont tu ne connais pas le sommet, tu avances, tu t’accroches, parfois tu glisses, il y a des jours où tu n’as plus de forces, et c’est normal, c’est fatigant, mais tu réussis toujours à te raccrocher à quelque chose, tu es forte, tu y arriveras, ça prendra du temps mais tu y arriveras ! ». Alors je me suis rappelée que j’avais toujours eu ce rêve fou, celui de faire l’ascension du Mont Blanc. Pendant plusieurs jours cette idée revenait tout le temps, j’y voyais là un défi sur la vie, un défi avec moi même, un défi sur ce fichu deuil, j’avais besoin d’un projet concret pour avancer et regarder devant. J’avais besoin de me prouver que je tenais encore debout. Il y avait aussi dans ce projet l’idée d’aller le plus haut possible, là où la Terre touche le ciel pour me rapprocher au plus près de Juliette. Puis l’envie de partager cette aventure avec d’autres parents.

Comment as tu fait pour passer de l’idée à l’action?

Ca été très rapide, j’ai appelé mon mari et je lui ai dit : « Je crois que je sais de quoi j’ai besoin, je t’ai toujours dit qu’un jour j’aimerais faire l’ascension du Mont Blanc. C’est le moment ! Il faut que je monte là haut, si c’est l’endroit de la terre qui me rapproche le plus d’elle alors j’irai, j’en ai besoin. » Mon mari me connaît très bien, alors il m’a répondu : « Si c’est ce dont tu as besoin, vas-y ! Je sais que tu en es capable mais ne te mets pas en danger, pense à nous.». Quelques jours plus tard, mon guide était réservé, il me restait six mois pour me préparer !

Qu’est ce qui a été le plus difficile?

Pas de difficultés particulières dans l’organisation ni dans la préparation physique. Au moment de l’ascension, le plus difficile a été la gestion de l’émotionnel. Mon médecin m’avait également donné le feu vert pour partir.

Comment as tu fais pour surmonter ces difficultés ? Je me suis isolée aux moments où j’en ressentais le besoin. J’ai cru en moi, le guide a cru en moi, tout le monde croyait en moi, en mes capacités, j’ai cru en Juliette aussi, je savais qu’elle me porterait.

Quelles sont les satisfactions que tu tires de ce projet?

Etre aller au bout de moi, avoir affronté mes peurs, celle du vide notamment. 

M’être prouvée que j’avais en moi encore beaucoup de ressources et que j’étais encore capable de les utiliser. 

Avoir retrouvé des sensations de bien être et de liberté que j’avais oubliées. 

Avoir ressenti à travers les messages très touchants d’encouragement et de reconnaissance, l’émotion des parents à qui j’avais proposé de partager l’aventure en emmenant avec moi leurs enfants. 

Avoir accroché à 4061m les 51 rubans bleus et roses qui m’avaient accompagnés pendant 4 jours. Ca a été un moment symboliquement très fort. D’autant plus qu’à cause des conditions météorologiques, nous n’avons pas pu monter le Mont blanc mais le Mont Paradis, jusqu’à une statue de la Vierge Marie auprès de laquelle j’ai pu accrocher les rubans, ce que je n’aurais plu faire sur le Mont blanc. Une satisfaction toute particulière. 

Au retour de la montagne, j’étais libérée, on est descendu en 2h30 au lieu de 5h. Au retour à la maison, j’ai vidé la chambre, démonté le lit, rangé les pyjamas, parce que j’étais prête et heureuse de la faire.

Page Facebook de Cosette

Leave a Reply

%d blogueurs aiment cette page :